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Comment réduire le gaspillage alimentaire grâce à une supply chain optimisée ?

Introduction

En France, 10 millions de tonnes de nourriture sont perdues ou gaspillées chaque année. 

Le gaspillage alimentaire a un coût économique (estimé à 16 milliards d’euros) et écologique (15,3 millions de tonnes d’équivalent CO2) exorbitant.

14% de ces pertes alimentaires se produisent au stade de la distribution, 21% au stade de la transformation et du conditionnement des produits.

Alors que la responsabilité environnementale est au cœur des préoccupations, comment réduire le gaspillage ? Quel rôle la supply chain peut-elle jouer pour lutter contre le gaspillage alimentaire ?

Dans cet article, découvrez comment une gestion optimisée de la supply chain efficace contribue à répondre à cet enjeu.

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Mieux maîtriser les dates de péremption et les lots

Pour les distributeurs, réduire le gaspillage alimentaire revient à réduire la casse, c’est-à-dire éviter que les produits arrivent à péremption avant d’avoir été vendus. 

Le premier enjeu consiste à limiter la casse au niveau des entrepôts. La solution passe par une maîtrise optimale des lots et des dates de péremption. 

Pour cela, vous devez vous appuyer sur un système d’information capable de mesurer précisément les niveaux de stock, lot par lot, avec les dates de péremption associées. Si vous avez ce niveau de précision sur l’état des stocks et sur la vitesse d’écoulement, vous pouvez déjà anticiper la casse. Vous savez à quel moment vous allez devoir casser. 

A partir de ces informations, vous pouvez donc mettre en place une stratégie cohérente et proactive pour faciliter l’écoulement et réduire la casse.

Bien souvent, les retailers sont dans la réactivité. Ils se rendent compte qu’ils ont des produits à DLC en stock et qu’ils vont faire face à un risque de casse. Pour limiter le gaspillage, ils vendent le produit en question à prix réduit. Mais les produits à prix cassé cannibalisent le fond de rayon qui, à son tour, doit être mis en casse. On entre de fait dans un cercle vicieux où les clients recherchent systématiquement les produits en casse au détriment du fond de rayon.

Une supply chain optimisée, basée sur des prévisions précises, une connaissance fine de l’état des stocks et des projections fiables évite ce genre de phénomène. Elle contribue fortement à limiter la casse et le gaspillage.

Optimiser les stocks de sécurité

Pour réduire la casse, une autre solution réside dans l’optimisation du stock de sécurité

Dans les commandes passées auprès des fournisseurs, les retailers tiennent compte du taux de service et définissent, en sus, un stock de sécurité. Trouver le juste équilibre entre le stock de sécurité et le risque rupture est un enjeu clé dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. 

D’un côté, un stock de sécurité conséquent peut éviter les ruptures de stock, mais il engendre potentiellement de la casse. D’un autre côté, un stock de sécurité moins important limitera la casse, mais risque de faire perdre des ventes. 

Il y a donc un arbitrage à faire entre la casse et les ventes perdues. Sachant que si le distributeur casse sur certains produits, il rogne sur sa marge, est-il plus ou moins avantageux de perdre quelques ventes tout en limitant le gaspillage ?

L’enjeu ici est d’optimiser le niveau du stock de sécurité pour maximiser les ventes tout en minimisant la casse. Le retailer peut peut-être accepter de perdre des ventes pour générer moins de casse, d’autant que cette démarche peut lui être bénéfique en termes d’image et avoir un impact positif sur le fond de rayon. Il évite ainsi le cercle vicieux de la casse, que nous évoquions plus haut.

Cet arbitrage nécessite une analyse minutieuse des données, des prévisions de demande précises et une bonne compréhension des habitudes d’achat des consommateurs. Vous pouvez, pour cela, vous appuyer sur une solution de forecast comme Optimix XFR. Vous serez alors en mesure de baser vos commandes sur les historiques de ventes corrigées et d’établir des projections sur les stocks.

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Affiner les prévisions de ventes

Pour minimiser le gaspillage alimentaire, la précision des prévisions de vente revêt une importance capitale. Elle est indispensable en particulier pour les produits à DLC, qui génèrent beaucoup de pertes si le forecast s’avère inexact.

En France, le taux de casse moyen sur les produits frais se situe entre 4 et 5%. 

Pour le réduire, vos prévisions de ventes doivent être très fines et granulaires. Dans la gestion des prévisions, il ne suffit pas de raisonner par produit. Il faut aussi tenir compte des risques de cannibalisation entre produits substituables. En effet, si un produit est en rupture de stock, les clients peuvent se tourner vers des alternatives similaires. En anticipant ces comportements, il est possible d’ajuster les approvisionnements de manière plus précise et de réduire le gaspillage.

Plus votre prévision de la demande est précise, plus vous pouvez éviter les gaspillages. Pour certains produits frais, comme le poisson, votre gestion devrait aussi tenir compte de l’heure à laquelle survient la rupture. Si votre stock est écoulé à 18 heures, ce n’est pas problématique. En revanche, si vous êtes à court de poisson à 11 heures, vous perdez des ventes et vous générez de l’insatisfaction. Grâce à la mesure du seuil de rupture, vous pourrez continuer à servir les clients aux heures de forte demande tout en limitant le gaspillage.

Adapter l’offre à la DLC et aux contraintes de conditionnement

Pour réduire le gaspillage, vous devez aussi être en phase avec les DLC au niveau du magasin. Si vous « surchargez » un rayon avec des produits qui présentent une DLC inappropriée, il est quasiment certain que vous allez devoir finir par casser. Vous pouvez plutôt essayer de jouer sur la mise en rayon pour faciliter l’écoulement des produits à DLC. 

De la même manière, pour l’assortiment, vous augmentez le risque de casse quand vous augmentez le référencement de produits à DLC. 

Dans ce cas, il vous faut arbitrer entre profondeur d’assortiment et casse. En effet, il est plus facile de gérer les DLC lorsque vous avez moins de produits référencés sur une catégorie.

Enfin, vous devez aussi tenir compte des contraintes de conditionnement. Les industriels pratiquent souvent des conditionnements fixes. 

Or, si le conditionnement est trop large par rapport à vos besoins en magasin, vous générez du surstock inutile et vous allez devoir casser. Là encore, la prévision et les projections contribuent à ajuster les quantités commandées aux besoins réels du magasin tout en tenant compte de la DLC.

Réduire le gaspillage chez l'industriel ou le producteur

Jusqu’ici, nous avons surtout évoqué le gaspillage alimentaire chez les retailers, que ce soit au niveau des entrepôts ou des magasins. Mais le gaspillage peut aussi se produire en amont dans la chaîne logistique, dès le stade de la production chez l’industriel ou le producteur. 

Prenons l’exemple d’un producteur de poulet. Il nourrit ses poulets pour qu’ils arrivent à maturité à un moment précis au regard des commandes qu’il doit honorer. Or, le laps de temps sur lequel un poulet est bon pour la consommation est très court. Si la demande est erratique, il est évident que des gaspillages se produiront.

Pour éviter les gaspillages à ce stade, il convient d’établir une communication efficace entre tous les acteurs de la chaîne, notamment grâce au partage des prévisions entre les retailers et leurs partenaires. S’ils disposent d’informations précises sur la demande future, les producteurs peuvent ajuster leur production, évitant ainsi de produire en excès et de devoir jeter des produits.

Le forecast partagé facilite aussi la planification des capacités de transport. Dans le cas contraire, il peut arriver que des produits restent à quai et soient perdus parce que la capacité de transport a été mal dimensionnée.

Conclusion

La lutte contre le gaspillage alimentaire est un impératif économique et environnemental majeur, un enjeu de société qui concerne tous les acteurs.  Au niveau du retail, la supply chain est souvent pointée comme un poste potentiel de réduction des gaspillages.

En effet, comme nous l’avons montré, une supply chain optimisée se traduit par une meilleure maîtrise des lots et des dates de péremption, une optimisation des stocks de sécurité et des prévisions des ventes affinées pour mieux adapter l’offre à la demande et aux contraintes.

De ce point de vue, une solution de forecast comme OptimiX XFR permet de meilleures performances sur la base de prévisions affinées et de projections fiables.

Néanmoins, la lutte contre le gaspillage alimentaire ne peut reposer uniquement sur la supply chain. Il s’agit d’un défi aux imbrications multiples qui nécessite la collaboration de l’ensemble de la société, des consommateurs aux producteurs, en passant par les distributeurs.